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Le risque de récession augmente-t-il dans le contexte de la guerre en Iran ?

The Spotlight

8 minutes de lecture

7 mai 2026

Alors que le conflit en Iran domine l’actualité mondiale, faut-il regarder plus près de chez nous et se préparer à ses conséquences économiques ainsi qu’au risque de récession?

Qu'est-ce qu'une récession ?

On définit communément une récession de la manière suivante: deux trimestres consécutifs de croissance économique négative, mesurée par le PIB d'un pays.

Jetez un coup d'œil au graphique ci-dessous:

Un cycle économique qui fait référence au schéma cyclique régulier de l'essor économique (expansion) et de l'effondrement (récession).
Une récession est la période entre un pic d'activité économique et son creux successif, ou point le plus bas.

Comme vous pouvez le voir, la récession est le point de basculement d'un cycle économique, lorsque la croissance économique atteint son pic puis s'inverse, devenant une contraction économique continue.

Concrètement, une récession peut signifier 4 choses:

  • Une croissance lente, voire négative, de la production
  • Une vague de faillites d'entreprises et parfois de banques
  • Un taux de chômage élevé
  • Des bouleversements sociaux provoqués par cette détresse économique

Ainsi, même si les récessions sont temporaires, les difficultés économiques qu'elles provoquent peuvent avoir des effets dévastateurs sur toute une économie. Avant qu’elle n’arrive, découvrez tous nos conseils pour vous prémunir d’une récession.

Quelles sont les causes d'une récession ?

Les causes d’une récession peuvent être variées mais elles agissent généralement par effet domino. Ainsi, si un secteur s’effondre, il entraîne d’autres dans sa chute, réduisant le pouvoir d’achat des consommateurs et entraînant alors un net ralentissement de l'économie.
Parmi les causes de récession les plus fréquentes on retrouve un krach boursier, des taux d'intérêt élevés, des chocs alimentaires et pétroliers, ou encore l’inévitable inflation.

Principales causes des récessions dans le passé

  • Fin des années 1960 : l'inflation
  • 1973-1974 : les chocs pétroliers et alimentaires
  • 1980 : le prix du pétrole
  • 1990-1991 : l'inflation
  • 2001 : la bulle technologique
  • 2008 : la bulle immobilière

Quels sont les indicateurs d’une récession ?

Plusieurs facteurs peuvent révéler une récession :

  • PIB : Une baisse de la croissance sur plusieurs trimestres
  • Industrie : Un ralentissement de la production industrielle
  • Consommation : Une chute des ventes
  • Obligations : Une inversion des taux obligataires
  • Salaires : Des salaires qui stagnent
  • Emploi : Une hausse du chômage (apparaît généralement lorsque la récession est déjà en cours)
  • Inflation : Une forte inflation peut freiner l’économie et précéder un ralentissement
  • Taux : Des taux d’intérêt élevés ou mal adaptés peuvent accentuer le risque de contraction économique

Quels risques de récession en 2026 ? Les différents scénarios

Si l’inflation semblait commencer à montrer des signes de stabilisation, le conflit en Iran animé entre autres par le blocage du Détroit d’Ormuz vient raviver les tensions. Avec l’intensification de la guerre, le prix du pétrole flambe suivi de près par les autres énergies mais aussi les matières premières ou encore le transport. Dans ce contexte géopolitique, une nouvelle récession pourrait refaire surface.

En effet, la guerre au Moyen-Orient bloque une zone clé, celle du Détroit d’Ormuz qui couvre normalement une grande partie du pétrole au niveau mondial. L’offre de l’or noir étant drastiquement réduite, son prix explose et le fameux effet domino démarre :

Avec le prix de l'énergie qui augmente, ceux des transports, de la production et de l’alimentation grimpent aussi, entraînant une inflation généralisée. De fait, les consommateurs réduisent leurs dépenses tout comme les industries qui doivent ralentir voire fermer : les dépenses augmentent pour les ménages mais les salaires stagnent.
En parallèle, les banques centrales augmentent leur taux d’intérêt ce qui freine encore davantage l'économie rendant les crédits et les investissements moins accessibles pour les particuliers comme pour les entreprises.

La crise pétrolière serait l’une des plus grandes crises après celle du gaz à la suite de l’offensive russe en Ukraine en 2022 selon l’Agence Internationale de l'Énergie. Cette hypothèse se confirme d’ailleurs par le pic de risque géopolitique qui a atteint le même niveau en 2026 après l’offensive israélo-américaine en Iran que en 2022 lors du conflit Russie-Ukraine.

Ralentissement oui, récession non (pour l’instant)

Les différents experts s’accordent sur une baisse générale de l'économie mais pour le moment, cette baisse ne devrait pas être trop drastique pour entraîner une récession. Selon le rapport “Perspectives économiques 2026-2027” réalisé par BNP Paribas, si l’hypothèse que le conflit iranien perdure tout en perdant en intensité, d’ici la fin du deuxième trimestre la croissance mondiale devrait subir une baisse de 0,4 point et l’inflation une augmentation de 1,1 point.

Prévisions actuelles de la croissance 2025 vs 2026 (en gras) par pays

  • États-Unis : 2,1% - 2,4%
  • Espagne : 2,8% - 2,3%
  • Zone euro : 1,5% - 1%
  • France : 0,9% - 1%
  • Allemagne : 0,4% - 0,8%
  • Royaume-Uni : 1,4% - 0,7%
  • Italie : 0,7% - 0,7%
  • Japon : 1,2% - 0,5%

(Source : BNP Paribas)

Prévisions actuelles de l’inflation 2025 vs 2026 (en gras) par pays

  • Royaume-Uni : 3,4% - 3,6%
  • États-Unis : 2,7% - 3,3%
  • Espagne : 2,7% - 3,3%
  • Allemagne : 2,2% - 3,2%
  • Italie : 1,7% - 3,1%
  • Zone euro : 2,1% - 3%
  • Japon : 3,1% - 2,7%
  • France : 1% - 2,4%

(Source : BNP Paribas)

Toutefois, les différents experts rappellent qu’il ne faut pas non plus écarter une crise plus grave avec un conflit qui perdure et des risques négatifs en cascades de plus en plus importants même si les politiques budgétaires pourraient apporter un soutien bien que limité.

Le plan "Une Europe, un marché" lancé par le Conseil européen vise notamment à stimuler la compétitivité européenne pour relancer la croissance grâce à un ensemble de mesures : un marché unique, une simplification des charges administratives, des mesures temporaires pour faire face à l’augmentation des prix de l'énergie…

Du côté des banques centrales, on observe pour le moment peu de mouvement. Elles semblent être partagées entre augmenter leur taux directeur mais ralentir la croissance ou les baisser mais soutenir l’inflation.

Pourquoi une récession est quand même probable en 2026

Si pour le moment, personne n’affirme avec une sûreté une récession à venir, quelques signaux suggèrent toutefois qu’elle pourrait se profiler.

En effet, un rapport de S&P datant du 23 avril 2026 tire la sonnette d’alarme. L’indice PMI composite global est tombé à 51,0 en mars, son plus bas niveau en 11 mois. On observe donc un ralentissement net de l’activité mondiale. La guerre au Moyen-Orient commence fortement à peser sur l'économie et perturbe les échanges, la demande et les chaînes d’approvisionnement. En parallèle, si les prix de l'énergie augmentent fortement c’est aussi le cas pour de nombreux autres biens et services. L'économie continue de croître, mais reste tout de même faible et sous tensions.

L'indice PMI de la zone euro est passé quant à lui sous la barre significative des 50 points pour tomber à 48,6 en avril. Un signal préoccupant, car il traduit un recul de l’activité et anticipe souvent un affaiblissement plus large de l’économie. La France quant à elle connaît sa plus grande baisse d’activité depuis 14 mois avec un taux à 47,6 % tandis que l’inflation atteint son plus haut niveau depuis trois ans.
De son côté, le FMI a également récemment alerté sur une récession potentielle en révisant sa prévision de croissance mondiale à 3,1 % pour 2026 contre 3,3 % en janvier 2026.

De son côté, Nicky Shiels, Responsable de la Recherche et de la Stratégie sur les Métaux chez MKS PAMP, évoquait au 29 avril 2026 des perspectives préoccupantes. La flambée du pétrole se poursuit, le Brent ayant dépassé les 120 dollars par baril fin avril.

Sans amélioration de la situation, Nicky Shiels estime que les perturbations actuelles pourraient évoluer vers une pénurie mondiale d’approvisionnement énergétique d’ici l’été. En effet, certaines banques et analystes évoquent désormais un pétrole pouvant atteindre les 150 dollars le baril si la situation devait se prolonger. Au-delà de l’énergie, plusieurs matières premières et intrants essentiels pourraient également être affectés par cette hausse.

Le problème risquerait alors de s’étendre plus largement à la chaîne d’approvisionnement et au secteur alimentaire. Le graphique ci-contre illustre notamment la hausse simultanée des prix de l’énergie, de certains intrants liés aux engrais ainsi que de plusieurs matières premières agricoles depuis le début du conflit.

Graphique illustrant les performances de l'énergie et de l’agriculture depuis le début de la guerre en Iran.
Graphique illustrant les performances de l'énergie et de l’agriculture depuis le début de la guerre en Iran.

Récession - Focus sur la France

Dans une interview de François Villeroy de Galhau accordée aux Échos, le gouverneur de la Banque de France se montre plutôt optimiste quant aux présages d’une récession.
Face à la situation économique actuelle, les Français se montrent résilients. En 2027, la croissance serait de 0,8 % mais repartirait à la hausse en 2028, à 1,2%.

Toutefois, avec l’inflation sous-jacente des hydrocarbures, l’inflation pourrait bien être au-dessus de la moyenne initiale envisagée pour décembre 2026, soit 1,7% au lieu de 1,3%. Cette inflation resterait par ailleurs bien en-dessous de la moyenne de la zone euro pour la France, un avantage compétitif donc. François Villeroy de Galhau rappelle d’ailleurs que ce taux reste bien inférieur au niveau observé en février 2022, où l’inflation atteignait 4 %, de quoi relativiser les scénarios les plus alarmistes.

Du côté des banques, la BCE affirme être “bien positionnée” pour faire face à la situation économique actuelle et ne s’est pas exprimée sur une éventuelle augmentation des taux. Pour le moment, son objectif est d'éviter un enchaînement prix-salaires pour éviter une inflation durable.

Enfin, la France doit rester vigilante car elle ne dispose plus autant de marges de manœuvre qu’en 2022 par exemple où elle a pu mettre en place un bouclier tarifaire. De plus, elle possède le plus grand déficit de la zone euro. De fait, les marchés surveillent de près l’hexagone qui doit payer davantage d’intérêt que ses confrères lorsqu’il emprunte. La France doit donc rester prudente et garder en tête son objectif : réduire son déficit et revenir sous 3 % du PIB d’ici 2029.

“Plus le conflit dure, plus le pétrole flambe et plus il y aurait d'effets négatifs pour l'économie française et européenne. Dans aucun scénario cependant, nous ne prévoyons de récession pour la France.”

François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France aux Échos, le 26 mars 2026

Les investisseurs doivent-ils s'inquiéter d'une éventuelle récession ?

Pas vraiment. Du moins, pas pour les investisseurs dont les portefeuilles sont correctement diversifiés.

D’une part, il reste extrêmement difficile d’anticiper avec précision le moment où une récession pourrait survenir. D’autre part, il est tout aussi incertain de déterminer quelles classes d’actifs tireraient leur épingle du jeu si elle venait à se concrétiser.

On s'accorde toutefois à dire que pendant une récession, les actifs plus risqués comme les actions et les obligations à haut rendement ont tendance à diminuer, tandis que l'or et les bons du Trésor américain augmentent généralement.

Par exemple, la grande récession de 2008 a fait grimper le cours de l'or, même s'il a chuté à la suite de la faillite de Lehman Brothers. Mais, comme le montre le graphique ci-dessous, l'or a nettement dépassé le S&P 500 juste après le début de la crise.

Le graphique compare le comportement historique de l'or et de l'indice S&P 500 entre avril 1968 et avril 2012.
L'évolution du cours de l'or et de l'indice S&P 500 entre avril 1968 et avril 2012.

L’or comme rempart contre une économie volatile

L'or se comporterait-il de la même manière si une autre crise économique se produisait ? Personne ne le sait avec certitude. Mais l’histoire a quand même démontré que le cours de l’or augmentait souvent lors de grandes crises comme la crise financière de 2008 citée précédemment, ou encore lors des périodes de fortes incertitudes économiques et géopolitiques. En effet, l’or joue le rôle d’un véritable rempart contre l’inflation et les crises économique et révèle souvent le statut des marchés financiers.

Une chose est sûre : diversifier votre portefeuille et prendre des mesures afin de contrôler le risque peut vous aider à préserver votre patrimoine et votre épargne.

Il est prouvé qu’en période de crise, les investisseurs se tournent vers les valeurs refuges comme l’or. Si ce n’est pas déjà fait, il est peut-être temps de se prémunir et de commencer à investir !

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